Rome, Italie, 13 avril 2011. Au cours de la 141ème session du Conseil de la FAO, José Graziano da Silva a présenté son programme pour l’Organisation. Graziano da Silva a expliqué quels sont les axes sur lesquels s´appuie sa candidature, a souligné l’importance de sa carrière consacrée à l’agriculture, au développement rural et la sécurité alimentaire, a rappelé sa grande connaissance de la façon dont fonctionne la FAO et le succès du Brésil dans la lutte contre la faim et la pauvreté.
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Prochain Directeur général de la FAO: |
José Graziano da Silva a mené une brillante carrière professionnelle dans les domaines de la sécurité alimentaire, de l’agriculture et du développement rural. On ne saurait oublier sa contribution marquante, en tant que ministre extraordinaire de la sécurité alimentaire et de la lutte contre la faim, chargé de mettre en œuvre le Programme “Faim zéro” (“Fome Zero”) au Brésil.
M. Graziano da Silva, 61 ans, est titulaire d’une licence en agronomie et d’une maîtrise en économie et sociologie rurales de l’université de São Paulo ainsi que d’un Ph.D en sciences économiques de l’université d’État de Campinas. Il a également deux diplômes de post-doctorat: études latino-américaines (University College of London) et études environnementales (Université de Californie, Santa Cruz).
Depuis 2006, il est Sous-directeur général de la FAO et Représentant régional pour l’Amérique latine et les Caraïbes.
M. Graziano da Silva a été choisi par la Présidente Dilma Rousseff et l’ancien Président Luiz Inácio Lula da Silva pour être le candidat du Brésil au poste de Directeur général de la FAO.
Lutter contre la faim
Depuis 1977, M. Graziano da Silva s’emploie à faire progresser le développement rural et la lutte contre la faim, que ce soit dans le cadre de ses activités universitaires, aux plus hauts niveaux de responsabilité ou en travaillant avec les syndicats.
En 2001, il a coordonné la formulation du Programme “Faim zéro” (“Fome Zero”) avant d’être nommé par le Président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, au poste de ministre extraordinaire de la sécurité alimentaire et de la lutte contre la faim et d’assumer, à ce titre, la responsabilité de la mise en œuvre du Programme.
Le Programme “Faim zéro” n’est pas seulement le reflet de la priorité essentielle du Président Lula da Silva mais c’est aussi une innovation importante en matière de politiques publiques de lutte contre l’extrême pauvreté. Le programme se distingue en particulier par son approche multisectorielle, son ouverture à la participation de la société civile pour la planification et l’allocation des ressources ainsi que pour le suivi des activités, et enfin son souci de tenir compte des problèmes de parité hommes-femmes, illustré par l’attribution des transferts monétaires aux femmes des ménages bénéficiaires, afin d’améliorer leur autonomie et de garantir une utilisation plus efficace des ressources.
Cinq ans après son lancement, le Programme “Faim zéro” avait aidé 24 millions de personnes à se hisser hors de l’extrême pauvreté et contribué à réduire la sous-alimentation au Brésil de 25%.
Son action à la FAO
En 2006, José Graziano da Silva a été nommé Représentant régional pour l’Amérique latine et les Caraïbes et Sous-directeur général de la FAO.
Au titre de ses fonctions, M. Graziano da Silva s’est employé à renforcer le rôle de l’agriculture familiale dans le développement rural, comme un moyen d’améliorer la sécurité alimentaire. Il a également joué un rôle capital dans la promotion de l’initiative “Amérique latine et Caraïbes libérées de la faim”, qui a fait de la région la première du monde à prendre l’engagement d’éradiquer la faim d’ici à 2025.
M. Graziano da Silva est également le promoteur d’un programme de travail considérable sur les questions rurales, qui prône le renforcement des institutions du secteur et demande que les politiques publiques garantissent un développement général et bénéfique pour tous les habitants des zones rurales, en mettant plus particulièrement l’accent sur le problème de l’emploi rural. À cet égard, il convient de mentionner trois études préparées par le Bureau régional de la FAO:
Boom Agrícola y Persistencia de la Pobreza Rural (Essor de l’agriculture et persistance de la pauvreté rurale), La Institucionalidad Agropecuaria en América Latina, Estado Actual y Desafíos (Le cadre institutionnel agricole en Amérique latine, situation actuelle et problèmes à résoudre), et Políticas de Mercado de Trabajo y Pobreza Rural en América Latina (Les politiques de l’emploi et la pauvreté rurale en Amérique latine).
Par ailleurs, M. Graziano da Silva a encouragé activement les initiatives conjointes conduites avec d’autres institutions des Nations Unies, notamment la CEPALC, le PAM, le PNUD et l’OIT, et des organismes internationaux tels que l’IICA et l’OIE, et soutenu les initiatives de coopération Sud-Sud.
En sa qualité de Représentant régional, il s’est employé à mettre en œuvre les réformes internes au sein de la FAO, en particulier le processus de décentralisation de l’Organisation, en tirant un meilleur parti des entités nationales et en donnant aux gouvernements un rôle plus actif dans la définition des priorités. Son ouverture envers la société civile a été tout aussi importante, ce qu’il a démontré en associant de multiples entités politiques, sociales, professionnelles et syndicales à l’action de la FAO.
Une brillante carrière universitaire
M. Graziano da Silva mène, depuis 1978, une carrière universitaire aussi longue que fructueuse: il est professeur titulaire à l’université d’État de Campinas et directeur du programme de maîtrise et de doctorat en développement économique, espace et environnement, à l’Institut d’économie de cette université.
En tant que professeur, M. Graziano da Silva a été salué pour sa précieuse contribution à la formation et la préparation d’une nouvelle génération de jeunes cadres latino-américains, spécialistes des questions de développement rural et sécurité alimentaire.
Il est l’auteur de publications importantes sur le développement rural, la sécurité alimentaire et l’économie agraire. Il a publié 25 ouvrages, notamment Que é a questão agrária (“Qu’est-ce que la question agraire ?”) et De boias frias a empregados rurais (“Des Bóias Frias aux travailleurs ruraux”).
Informations personnelles
José Graziano da Silva est né en 1949. Ressortissant brésilien et italien, il est marié à la journaliste Paola Ligasacchi et a deux enfants et deux petits-enfants. Il parle couramment l’anglais, l’espagnol et le portugais.
Parmi les nombreux prix et décorations qui lui ont été décernés, il convient de citer: l’Ordre du Rio Branco, remis par le Président de la République du Brésil; la Médaille Paulista du mérite scientifique et technologique, conférée par le Gouvernement de l’État de São Paulo; et le Prix de la Société brésilienne d’économie, administration et sociologie rurales (Prix SOBER).
Je suis fier d’avoir été proposé en tant que candidat du Brésil au poste de Directeur général, à la fois par l’ancien Président Lula et par la Présidente actuelle, Dilma Rousseff.
Ces dernières années, le Brésil a conjugué un rythme de croissance économique rapide et une réduction de la disparité des revenus. Il a ainsi démontré qu’il était possible pour les pays en développement de favoriser l’essor de l’agriculture commerciale et de la petite agriculture, simultanément, en appliquant des politiques distinctes; de faire reculer rapidement la faim et la malnutrition; et de commencer à maîtriser les incidences négatives de ce développement sur l’environnement.
Le Brésil fait partie aujourd’hui des grandes puissances économiques du monde et, à l’instar des autres pays du BRICS – Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – il prend ses responsabilités internationales à cœur. Il siège au Conseil de sécurité des Nations Unies et est un membre influent du G-20 et un participant actif du G-77. Les Brésiliens participent à des opérations des Nations Unies pour le maintien de la paix dans de nombreux pays.
Au sein de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Brésil a joué un rôle très positif dans la réforme du Comité de la sécurité alimentaire mondiale, en contribuant à concilier les perceptions différentes des pays en développement et des pays développés et en promouvant la participation de la société civile, des petits producteurs et du secteur privé. Il partage son expérience en matière d’agriculture et de sécurité alimentaire par le biais de programmes de coopération technique avec des pays d’Afrique, des Caraïbes et d’Amérique latine.
Bien qu’il n’existe pas de règles écrites à ce sujet, il est d’usage que les directeurs des institutions des Nations Unies représentent toutes les régions par rotation. Depuis sa création, la FAO a vu se succéder sept directeurs généraux: deux des Etats-Unis, deux d’Europe, et un d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique, respectivement. La région Amérique latine et Caraïbes est donc la seule région qui n’a pas encore donné de Directeur général à la FAO; de plus, à l’heure actuelle, aucun Brésilien n’occupe de poste de direction dans le système des Nations Unies.
“José Graziano da Silva, compte tenu de son brillant parcours universitaire – en tant qu’économiste et agronome – et de son expérience politique et professionnelle, puisqu’il a été ministre et qu’il est chef du Bureau régional de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes, possède toutes les qualifications nécessaires pour occuper le poste de Directeur général de la FAO.
Nous avons assumé ensemble des responsabilités ministérielles dans le gouvernement de Lula, où Graziano a été l’architecte des programmes conduits par le Brésil pour combattre la faim. Je l’ai vu moi-même au travail et c’est pourquoi je donne l’entier soutien de mon gouvernement à sa candidature à la direction de la FAO.”
Dilma Rousseff
Président du Brésil
En tant que Brésilien, agronome et économiste, j’ai contribué aux remarquables réussites de mon pays. Pendant ma longue carrière, à la fois de professeur puis de ministre, j’ai toujours conduit des activités professionnelles – dans des domaines tels que la production agricole, le développement rural et la sécurité alimentaire – qui sont parfaitement cohérentes avec le mandat de la FAO. D’ailleurs, je dois avouer qu’il n’est guère de jours où je me réveille sans penser à la faim et aux façons de la combattre, aux problèmes rencontrés par les petits agriculteurs et aux conditions de vie difficiles dans lesquelles tant de femmes rurales doivent subsister.
J’ai dirigé l’équipe qui a conçu l’initiative brésilienne Faim zéro, lancée par le Président Lula quand il a pris ses fonctions en 2003, en tant que pièce maîtresse du programme de son gouvernement. Le Président m’a ensuite nommé au premier poste de ministre de la sécurité alimentaire, avec la redoutable mission de créer un ministère entièrement nouveau et de mettre en œuvre jusque dans les moindres recoins du vaste territoire du Brésil un programme extrêmement ambitieux – doté d’un budget annuel deux fois plus important que celui de la FAO!
Je suis fier de déclarer que l’initiative Faim zéro est universellement considérée comme l’un des programmes de lutte contre la faim les plus performants du monde et que la FAO et bon nombre de ses pays membres jugent qu’il s’agit d’un programme à prendre pour modèle. Il se poursuit sous l’égide de la Présidente Dilma Rousseff et sert de référence à d’autres programmes qui ont été mis en place au Brésil ces dernières années en vue de promouvoir un développement économique et social bénéfique pour l’ensemble de la population.
Pendant plus de 25 ans, j’ai enseigné à l’université, travaillé avec des organisations rurales et conseillé Lula, depuis l’époque où il était dirigeant syndical jusqu’à son élection à la présidence. L’une des leçons que j’ai tirées de cette expérience est qu’il est capital de parvenir à un consensus pour jeter des bases solides permettant d’aller de l’avant rapidement conformément à un programme approuvé.
J’ai été nommé Représentant régional de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes en 2006. Dans le cadre de mes fonctions internationales, j’ai activement participé au processus qui a permis que des questions telles que le renforcement de l’agriculture familiale et la sécurité alimentaire soient inscrites à l’ordre du jour des régions. J’ai élargi ma connaissance et ma compréhension des réalités agricoles et rurales dans les pays membres de la FAO, en particulier les pays en développement. J’ai mis sur pied des partenariats fructueux avec d’autres institutions des Nations Unies, des banques de développement et des organisations régionales, tout en collaborant étroitement avec les commissions économiques régionales des Nations Unies. J’ai également noué d’étroites relations de travail avec de nombreux gouvernements (y compris les agences donatrices), parlements et organisations de la société civile pour atteindre nos objectifs communs.
Je suis le seul candidat qui possède une expérience de gestion concrète au sein de l’Organisation. Cette expérience et le fait que j’ai été un ardent partisan de la réforme revêtent une importance particulière quand on sait que le prochain Directeur général n’occupera son poste que 42 mois et que tous les pays membres ont hâte de voir le long processus de réforme se conclure avec succès.
Pour être bref, quand je parle d’agriculture, de sécurité alimentaire ou de croissance économique dans les pays en développement, je le fais en tenant compte de ma propre expérience dans ces domaines.
José Graziano da Silva
Abril de 2011
La proposition de créer la FAO s’est faite jour vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Les fondateurs de la FAO étaient profondément conscients du lien existant entre les pénuries, particulièrement graves pendant la Grande Dépression des années 1930, et les conflits. Ils ont donc fait valoir que “l’élimination des pénuries était essentielle à la paix puisque indispensable à la disparition des tensions qui découlent des déséquilibres économiques, des mécontentements profonds et du sentiment d’injustice, si dangereux pour la communauté soudée des États modernes”.
La justification de la création d’un organisme intergouvernemental fort et efficace pour promouvoir et orienter le développement de l’agriculture et des systèmes de gestion alimentaire mondiaux dans l’intérêt de l’ensemble de l’humanité est aussi valide aujourd’hui qu’elle l’était en 1945. Les hausses récentes des cours des aliments et de l’énergie, conjuguées à la lenteur de la reprise après les crises économique et financière les plus graves que l’on ait traversées depuis les années 1930, nous rappellent le rôle capital que l’alimentation joue dans les rouages de l’économie mondiale et combien les populations les plus pauvres sont vulnérables quand les choses vont mal.
La FAO peut affirmer que, pendant les 65 années qui ont suivi sa création, elle a contribué à la croissance spectaculaire de la production alimentaire. L’offre moyenne de denrées alimentaires par personne a augmenté de 40%. On produit désormais suffisamment pour couvrir les besoins alimentaires de l’ensemble de la population mondiale, qui est passée de 2,5 milliards d’habitants à 7 milliards d’habitants, au cours de cette période de 65 ans.
Les bons résultats obtenus en termes d’augmentation de la production alimentaire n’ont pas suffi, toutefois, pour vaincre la faim. Une personne sur sept dans le monde – soit près d’un milliard de personnes – est confrontée à la faim chaque jour de sa vie et, en outre, près de 3 millions sont touchées par la malnutrition, y compris la malnutrition nocive pour la santé provoquée par la surconsommation d’aliments. En d’autres termes, plus de la moitié de la population mondiale souffre de ne pas manger de façon appropriée. Les gens sont confrontés à la faim, non pas tant parce qu’ils n’ont pas d’aliments à leur disposition mais essentiellement parce qu’ils n’ont pas les moyens de se procurer les aliments dont ils ont besoin pour conduire une vie saine et productive.
Par ailleurs, la croissance spectaculaire de la production alimentaire a fait peser une pression colossale sur les ressources naturelles de la planète. L’agriculture est pratiquée jusque dans les écosystèmes fragiles, altérant les sols et menaçant la diversité biologique; les ressources en eau sont toujours plus surexploitées et polluées; la production végétale et animale intensive contribue largement au réchauffement mondial; et les ressources halieutiques maritimes sont en voie d’épuisement. De plus, un grand nombre de familles rurales pratiquant l’agriculture, la pêche et la foresterie vivent dans le plus grand dénuement.
D’un autre côté, la mondialisation effrénée et la révolution des technologies de l’information et de la communication ont radicalement changé les façons dont les pays établissent des liens entre eux et la vitesse à laquelle on peut accéder à l’information et aux connaissances et les utiliser pour le bien de tous. Mais elles ont aussi amplifié un grand nombre des risques auxquels la sécurité sanitaire des aliments et la sécurité alimentaire dans le monde sont exposées. La diffusion des maladies, des ravageurs et des espèces végétales envahissantes s’est accélérée; la sécurité sanitaire des aliments, naguère un souci local, a pris des dimensions mondiales; et l’intégration croissante des marchés peut signifier que des investissements décidés dans les grands centres financiers sont susceptibles d’avoir des incidences non négligeables sur la sécurité alimentaire de millions d’enfants, de femmes et d’hommes dans le monde. Cette interdépendance n’est nulle part plus évidente que dans les processus du changement climatique induits par l’homme, où la croissance de l’émission de gaz à effet de serre dans les pays qui consomment de grandes quantités d’énergie va changer les conditions dans lesquelles les agriculteurs produisent nos aliments et provoquer des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, dans le monde entier.
La FAO, en sa qualité de principale tribune réunissant tous les pays du monde pour traiter et résoudre les problèmes liés à la production et l’utilisation des denrées alimentaires, se doit de réagir face à ces situations, en orientant la façon dont le système alimentaire mondial est géré, afin que chacun puisse manger de façon appropriée. C’est une formidable responsabilité parce que les décisions prises – ou non prises – par l’Organisation, ont une incidence sur la vie de toutes les populations du monde, producteurs et consommateurs confondus, et parce que ce qui est décidé aujourd’hui aura des retombées fondamentales sur les moyens d’existence des générations futures. Il est capital que les gouvernements membres de la FAO donnent à celle-ci le pouvoir et la capacité d’agir efficacement en leur nom afin d’être à la hauteur de cette responsabilité.
“Les États parties au présent Pacte, reconnaissant le droit fondamental qu’a toute personne d’être à l’abri de la faim, adopteront, individuellement et aux moyens de la coopération internationale, les mesures nécessaires, y compris des programmes concrets:
a) pour améliorer les méthodes de production, de conservation et de distribution des denrées alimentaires par la pleine utilisation des connaissances techniques et scientifiques, par la diffusion de principes d’éducation nutritionnelle et par le développement ou la réforme des régimes agraires, de manière à assurer au mieux la mise en valeur et l’utilisation des ressources naturelles;
b) pour assurer une répartition équitable des ressources alimentaires mondiales par rapport aux besoins, compte tenu des problèmes qui se posent tant aux pays importateurs qu’aux pays exportateurs de denrées alimentaires.”
Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels,
Article 11, para. 2
“Les Etats qui adhèrent au présent acte, résolus à développer le bien-être général par une action particulière et collective, afin:
d’élever le niveau de nutrition et les conditions de vie des populations placées sous leur juridiction respective;
d’améliorer le rendement de la production et l’efficacité de la répartition de tous les produits alimentaires et agricoles;
d’améliorer la condition des populations rurales
et ainsi de contribuer à l’expansion de l’économie mondiale et de libérer l’humanité de la faim;
constituent par les présentes l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, ci-après désignée sous le nom «l’Organisation», par l’intermédiaire de laquelle les membres se tiendront mutuellement informés des mesures prises et des progrès accomplis dans les champs d’activité énoncés ci-dessus”
Préambule del’Acte Constitutif de la FAO
“Les Nations Unies sont l’expression de notre désir de trouver une synthèse
entre le pays et le monde…. C’est une tentative de se donner un cadre dans
lequel il est possible d’être au service du monde en servant notre pays et d’être
au service de notre pays en servant le monde. Quelles que puissent être ses
défaillances, cet essai d’organisation du monde donne une idée de la route à
suivre à tous les hommes qui se battent pour un monde meilleur.”
Dag Hammarskjöld
Secrétaire Général des Nations Unies (1953-1961)
In À mon sens, le prochain Directeur général de la FAO devra focaliser son attention et son énergie sur cinq grandes lignes d’action ou piliers. Les trois premiers piliers sont liés aux défis majeurs que l’Organisation doit relever et les deux autres concernent l’amélioration de sa capacité à le faire.
Pilier 1 – Éradication de la faim
Les résultats de la FAO – et de son Directeur général – seront mesurés en dernier ressort par la vitesse à laquelle le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde aura reculé. Comme le soulignent les Directives volontaires à l’appui de la concrétisation progressive du droit à une alimentation adéquate, il est fondamentalement inadmissible que quiconque souffre de la faim alors que tous les moyens existent aujourd’hui pour l’éviter. Au demeurant, l’existence persistante de la faim et de la malnutrition à aussi grande échelle peut être considérée comme un échec de la FAO quant à sa capacité à remplir sa fonction la plus essentielle.
L’Organisation doit maintenant reprendre son rôle de chef de file dans le cadre d’une action mondiale visant à éradiquer la faim, selon une démarche plus ambitieuse que la réalisation de l’Objectif du Millénaire pour le développement consistant à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d’ici à 2015. Beaucoup de pays ne parviendront pas à franchir cette étape qui est cruciale pour parvenir à réaliser tous les Objectifs du Millénaire pour le développement. Je suis convaincu, toutefois, compte tenu de ma propre expérience au Brésil et de celle d’autres pays, que l’éradication de la faim est un objectif réaliste et financièrement réalisable. Bien comprise, l’éradication de la faim est totalement compatible avec le développement économique responsable, la gestion durable des ressources naturelles et le maintien de la paix. Comme nous l’avons vu au Brésil, des programmes d’éradication de la faim bien conçus non seulement améliorent la nutrition, en particulier parmi les enfants, mais entraînent aussi une diminution rapide du nombre de personnes vivant dans la pauvreté, améliorent la situation des femmes – qui se sentent plus particulièrement responsables de la santé de leurs enfants – et ouvrent de nouveaux débouchés commerciaux, en particulier pour les petits agriculteurs.
Avec votre appui, je m’efforcerai de convaincre tous les pays de s’engager volontairement à éradiquer la faim aussi rapidement qu’il est humainement possible de le faire et je m’attèlerai avec tous les gouvernements et institutions partenaires intéressés à la conception et la mise en œuvre de programmes efficaces pilotés par les pays.
Pilier 2 – Production et consommation alimentaires durables
La FAO a un rôle essentiel à jouer en promouvant l’instauration d’un nouvel équilibre durable entre la production et la consommation alimentaires.
Du côté de la production, il convient d’accélérer l’identification et la promotion de méthodes d’agriculture et de pêche réellement durables mais hautement productives, permettant de satisfaire dans le futur la demande croissante en aliments, tout en préservant les ressources naturelles vitales et rares (la terre, l’eau douce, la diversité biologique, y compris les forêts, les océans et les ressources halieutiques marines), en améliorant les moyens d’existence des populations rurales et côtières et en étant moins vulnérables face au changement climatique et aux autres chocs, et d’investir dans l’adoption généralisée de ces méthodes. La production alimentaire devra aussi jouer son rôle dans l’atténuation des processus de changement climatique qui, eux-mêmes, menacent les moyens d’existence des familles d’agriculteurs et de pêcheurs dans plusieurs parties du monde. Heureusement, il existe de nombreux antécédents prometteurs sur lesquels s’appuyer, qui montrent qu’il est possible pour les agriculteurs d’améliorer leurs rendements, de limiter l’émission de gaz à effet de serre, de fixer le carbone et de gagner davantage, simultanément. À cet égard, je me félicite de la création récente par le GCRAI de sa Commission sur l’agriculture durable et le changement climatique.
Mais il sera d’autant plus facile de satisfaire les besoins alimentaires futurs, tout en respectant l’environnement, si l’on peut promouvoir un meilleur contrôle des naissances et influencer les habitudes des consommateurs dans le but de limiter les gaspillages alimentaires et la surconsommation, avec les problèmes de santé qu’elle provoque.
Pilier 3 – Plus grande équité dans la gestion du système alimentaire
Au cours des quatre prochaines années, la FAO, et la Commission de la sécurité alimentaire mondiale, devront traiter, en étant conscientes de leur urgence, un grand nombre de questions hautement prioritaires. Il conviendra notamment de catalyser l’émergence d’un système réellement efficace de gouvernance mondiale pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, susceptible de limiter et tamponner les effets des crises futures; de promouvoir l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets; et de s’attaquer aux questions liées à la sécurité sanitaire des aliments, la parité hommes-femmes, l’emploi rural et l’utilisation durable des ressources naturelles, en particulier l’eau douce, la terre, les forêts et les océans.
La FAO doit agir avec fermeté dans l’intérêt général, en créant un cadre institutionnel et réglementaire mondial qui protège les producteurs et les consommateurs des principaux risques menaçant la qualité et l’offre de denrées alimentaires et qui concourt aux efforts déployés par les pays pour vaincre la faim. Les avantages colossaux apportés par la mondialisation des systèmes de gestion alimentaire doivent être contrebalancés par des garde-fous adéquats, propres à limiter les risques associés, par exemple la propagation des ravageurs et des maladies et autres menaces compromettant la sécurité sanitaire des aliments. Des garde-fous doivent également être mis en place pour garantir la conservation des ressources naturelles, y compris les forêts et les zones de pêche, et pour maîtriser la volatilité des prix qui ébranle les moyens d’existence des membres les plus pauvres de la société et dissuade les agriculteurs de produire davantage.
Par rapport aux nombreux autres domaines d’activité humaine, l’agriculture se caractérise par le fait qu’elle est très exposée à de multiples risques, dont la plupart sont difficilement prévisibles. L’une des fonctions de la FAO qu’il conviendrait de renforcer est sa capacité à faire face, avec diligence et compétence, aux questions émergentes, en améliorant les systèmes d’information et d’alerte précoce et en renforçant son aptitude à garantir une intervention rapide pour protéger les populations potentiellement menacées.
Pilier 4 – Mener à bien le processus de réforme de la FAO
Pour satisfaire les attentes justifiées de ses membres concernant l’amélioration de son efficience et de son efficacité et pour pouvoir consacrer toute son énergie aux problèmes évoqués plus haut, la FAO se doit d’achever rapidement et avec succès son processus de réforme, actuellement en cours. Elle pourra ainsi concentrer tous ses efforts sur l’exécution de son programme. Travaillons ensemble pour faire en sorte que 2012 soit l’année des décisions finales en matière de réforme et pour qu’elle s’achève par une décentralisation concrète de l’Organisation.
En ma qualité de candidat interne, j’ai l’avantage unique d’être particulièrement apte à conduire le processus de réforme à bonne fin. En tant que chef d’un Bureau régional de la FAO depuis 2006, j’ai toujours préconisé une véritable décentralisation, la délégation des pouvoirs et une meilleure transparence et obligation de rendre des comptes au sein de l’Organisation. Il est donc tout naturel que la réalisation de l’ensemble des objectifs du processus de réforme me tienne à cœur. J’entends également passer d’un style de gestion hiérarchique à une approche plus collégiale dans l’Organisation.
Pilier 5 – Développer les partenariats et la coopération Sud-Sud
La FAO, à elle seule, ne peut pas s’attaquer au problème de la faim et du développement durable ni garantir une meilleure équité dans la gestion du système alimentaire. Il est vital, par conséquent, de consolider les partenariats existants avec les institutions ayant leur siège à Rome, le PAM, le FIDA et Bioversity International, et de nouer des liens plus étroits avec les autres membres de l’Équipe spéciale de haut niveau du Secrétaire général des Nations Unies et la société civile, y compris les mouvements qui en sont issus. La FAO devrait apporter son entier soutien au Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) réformé, en tant que plate-forme internationale phare pour la coordination et la cohérence des politiques. Le Cadre global d’action mis à jour, proposé par l’Équipe spéciale de haut niveau, est un bon point de départ si l’on veut adopter une approche plus générale de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, en particulier le premier. Le Cadre stratégique mondial du CSA pour la sécurité alimentaire et la nutrition, en cours d’élaboration, devrait s’en inspirer.
Les pays en développement qui ont réussi à améliorer la production alimentaire, à préserver les ressources naturelles et à faire reculer la faim, même en ces temps difficiles, possèdent une expérience précieuse à partager avec les pays souhaitant suivre leur exemple. La plupart des avancées récentes en matière d’agriculture tropicale trouvent leur origine dans des pays en développement.
Je souhaite voir la FAO encourager les pays membres à jouer un plus grand rôle dans ses activités, non seulement en tant que donateurs au sens traditionnel de « pourvoyeur de ressources financières », mais aussi en tant que fournisseurs d’un appui technique hautement utile et qualifié à ses programmes. La coopération Sud-Sud étendue, y compris les arrangements triangulaires en vertu desquels un pays assure la coopération technique tandis qu’un autre fournit les ressources financières, peut aussi contribuer à atténuer les incidences d’éventuelles restrictions budgétaires sur la portée et l’ampleur des activités de coopération technique de l’Organisation.
Les avantages de cette approche
Les progrès accomplis par la FAO et ses membres et partenaires dans les domaines liés aux trois premiers piliers apporteront de nombreux avantages à tous les pays et leur population. L’impact immédiat du recul de la faim sera une réduction des souffrances humaines et des morts prématurées inutiles. Les améliorations qui en découleront en matière de nutrition et de santé entraîneront une accélération de la croissance économique là où elle est le plus nécessaire – c’est-à-dire, dans les pays les plus pauvres et les communautés les plus démunies. Cette situation allégera les tensions et le sentiment d’injustice qui font le lit des conflits et de l’instabilité et qui poussent les gens à migrer en quête d’une vie meilleure.
Le passage à un système de production, de distribution et de consommation alimentaire plus durable n’allégera pas seulement la pression exercée sur les ressources naturelles, il sera aussi vital si nous voulons transmettre aux générations futures les ressources dont elles auront besoin pour se nourrir. Comme les crises récentes qui ont déferlé sur le monde l’ont montré, nous sommes aujourd’hui dangereusement exposés aux risques énormes entraînés par la façon dont les actions entreprises d’un côté du monde sont susceptibles d’avoir des répercussions sur la vie de millions de personnes habitant de l’autre côté. La mise en place de garde-fous efficaces sera donc bénéfique pour tous.
L’Organisation peut se prévaloir d’un long et fructueux passé d’agent catalyseur de la coopération entre les pays développés et en développement pour promouvoir le développement rural et agricole aux fins de l’instauration de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté. La FAO doit continuer à associer tous les pays, développés et en développement, mais elle devrait plus particulièrement aider les pays en développement et les pays en transition à améliorer les divers aspects de l’agriculture, de la foresterie et de la pêche et à combattre la faim. Une attention spéciale devrait être accordée à l’assistance en matière de politiques et à la coopération technique concernant les pays les plus petits et les plus vulnérables, en particulier les pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV) et les petits États insulaires en développement (PEID).
La FAO, forte de son mandat et de la composition et des compétences de son personnel, est bien équipée pour traiter, dans une perspective multidisciplinaire, les grandes questions liées à l’alimentation auxquelles le monde est aujourd’hui confronté. Mais elle pourrait avoir un bien meilleur impact, si elle resserrait ses liens avec les partenaires dotés de mandat et de compétences complémentaires et renforçait sa collaboration avec la société civile.
Le prochain Directeur général de la FAO héritera d’une Organisation déjà engagée dans la mise en œuvre du Plan à moyen terme approuvé par les pays membres pour la période 2010-2013. Si je suis élu à ce poste, je m’efforcerai de mener ce plan à bien et de faire tout ce qui est en mon pouvoir aux fins de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. En même temps, je lancerai des consultations approfondies sur la façon dont la FAO, ses membres, ses partenaires et son personnel pourraient, dans le futur, affronter plus efficacement les trois grands défis que sont l’éradication de la faim, le passage à une production alimentaire réellement durable et la gestion responsable des systèmes alimentaires mondiaux. Les résultats de ces consultations – dont les points de départ sont le Cadre stratégique 2010-2019 de la FAO et les systèmes de gestion axée sur les résultats adoptés par la FAO – seront reflétés dans le Programme de travail et budget 2014-15.
Parallèlement au déroulement de ce processus consultatif, je serai particulièrement attentif à la mise en œuvre intégrale du processus de réforme et prendrai d’autres mesures pour améliorer la façon dont l’Organisation exécute les programmes approuvés, en insistant sur les objectifs et actions énoncés ci-dessous:
1. Améliorer les compétences et la performance de la FAO dans l’accomplissement de sa mission essentielle qui est de promouvoir l’agriculture, l’élevage, la pêche, la foresterie et le développement rural durables, en mettant l’accent sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour tous, maintenant et à l’avenir, conformément aux stratégies définies dans le Cadre global d’action mis à jour et compte tenu des recommandations d’études prospectives récentes sur l’agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition;
2. Renforcer les capacités de la FAO dans les domaines de son mandat liés aux activités normatives, à l’établissement de normes et à la réglementation (y compris les traités internationaux, les codes de conduite et les directives volontaires), ainsi qu’aux statistiques et au partage des connaissances;
3. Consolider les partenariats avec les pays, en améliorant la qualité de la coopération technique pour la conception et la mise en œuvre de politiques et stratégies pilotées par les pays;
4. Tirer des enseignements des expériences couronnées de succès et des solutions trouvées dans les pays et les régions, évaluer la possibilité de les transposer dans d’autres contextes et améliorer la capacité de l’Organisation à promouvoir la coopération Sud-Sud;
5. Accorder les appuis en priorité aux petits agriculteurs ainsi qu’aux groupes démunis et défavorisés, y compris les femmes et les jeunes, étant entendu qu’ils doivent jouer un rôle central dans les stratégies de réduction de la faim et de la pauvreté et la gestion responsable des ressources naturelles;
6. Tirer parti du potentiel des partenaires de financement et de coopération émergeants, tout en renforçant les partenariats traditionnels;
7. Collaborer pleinement avec les autres institutions ayant leur siège à Rome (PAM, FIDA, Bioversity International), les membres de l’Équipe spéciale de haut niveau et la société civile, dans le cadre d’un partenariat plus cohérent, à la fois pour les travaux du Comité de la sécurité alimentaire mondiale et dans la perspective d’une programmation et exécution conjointes d’opérations humanitaires et de projets de développement;
8. Passer progressivement à un système des Nations Unies plus intégré permettant de répondre d’une manière toujours plus cohérente, complète et efficace aux besoins des membres et d’acquérir une meilleure capacité de traiter les questions de portée mondiale.
1) Encourager l’émergence d’un puissant sentiment de coresponsabilité à l’égard du monde parmi tous les pays membres de la FAO;
2) Mener à bonne fin la mise en œuvre des réformes de la FAO convenues afin de permettre à l’Organisation de remplir sa mission et d’être plus performante à l’échelon du pays;
3) Dynamiser la FAO, notamment en renforçant sa capacité à traiter les questions dans une perspective multidisciplinaire; et améliorer sa réactivité face aux besoins des États membres et des décisions collectives de ses organes directeurs;
4) Garantir la transparence dans les procédures, la mise en œuvre des activités, la prise de décisions, la présentation des rapports, l’évaluation et les contrôles, dans toute l’Organisation: faire en sorte que les recrutements suivent des procédures de sélection rigoureuses;
5) Adopter un style de gestion plus participatif, collégial, ouvert et décentralisé avec, notamment, une délégation plus importante des pouvoirs;
6) Préserver et reconstituer la compétence du personnel, en privilégiant le professionnalisme et le mérite;
7) Sensibiliser le grand public et lui faire mieux comprendre les défis majeurs liés à l’alimentation et l’agriculture auxquels l’humanité est confrontée afin de mobiliser une volonté politique, étant entendu que la lutte contre la faim et l’extrême pauvreté et la gestion durable des ressources naturelles sont des défis qui pourront être relevés plus efficacement si les gouvernements et la société civile unissent leurs forces.
“Allons de l’avant ensemble pour insuffler une nouvelle vie et une nouvelle énergie à notre Organisation afin qu’elle soit en mesure de jouer le rôle que l’on attend d’elle dans les nouveaux dispositifs de gouvernance mondiale pour la sécurité alimentaire et la nutrition et qu’elle impulse la mise en place de systèmes de production réellement durables, préservant les ressources naturelles tout en garantissant l’alimentation pour tous. C’est le chemin que la FAO doit suivre si elle veut traduire sa devise Fiat Panis dans les faits.”
José Graziano da Silva
Avril 2011
“Je ne pourrai rien faire hormis ce que nous pouvons faire ensemble”
Tancredo Neves
Extrait du discours qu’il aurait dû prononcer en 1985, lors de son investiture en tant que premier Président élu du Brésil après la dictature.
Malheureusement, Tancredo Neves est décédé avant d’avoir pu prêter serment.


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